| Journal d'un assassin (3) |
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Le principe du Cluedo est d’arriver à rapidement isoler qui tue qui, avec quelle arme, et où. À ce petit jeu, on est censé éliminer les différents candidats le plus vite possible. Ce petit rappel est destiné aux joueurs du groupe Experts, qui semblent davantage doués pour le jeu d’Echecs que pour le Cluedo, preuve qu’ils se sont trompés de tournoi. Car dans ce groupe, c’est la bouteille à encre (et là aussi, ils se sont trompés, car franchement la bouteille de rosé qu’on sert au bar est bien meilleure qu’une bouteille d’encre, même si, dieu merci et contrairement à ce que certains pourraient croire en lisant ces lignes, je consomme encore davantage d’encre que de rosé). Danial Saibulatov, seul joueur qui comptait deux victoires en autant de rondes vient de lâcher son premier demi-point, auquel il ne tenait pas trop puisque ce fut rapide et court. Il reste en tête avec 2,5/3. Les premiers poursuivants de
Saibulatov, Stéphane Hautot et Geert Van der Stricht n’ont pas
joué à Arsenic
et Vieilles Dentelles, c’est du rentre-dedans avec une prise de risque
pour Van
der Stricht qui sacrifie une qualité pour un pion, la paire de
fous et un pion
e terriblement dangereux. Stéphane, en extrême zeitnot
parvient à placer
idéalement ces pièces, Cavalier et Tour, de
manière à enfermer le Roi noir dans
un réseau de mat ou d’échec perpétuel :
nulle ! Un peu plus loin, deux joueurs
carolos en avaient à découdre. Je ne sais pas si vous
avez déjà vu l’un ou
l’autre épisode de Freddy, les griffes de la nuit, ce genre de
film où il y a
des coups de couteau et de griffes d’acier qui se perdent à tout
va et où on ne
compte plus les têtes ou les morceaux de doigts qui tombent un
peu partout. Eh
bien, la partie entre Bruno Laurent et Eric Denayer, c’est un peu la
même
chose, il y a des coups qui se perdent, des feintes de corps, des
bottes
secrètes, des attaques, des parades, et tout d’un coup on se
demande où on en
est dans ce bordel. Surprise ! Egalité matérielle
parfaite et… nulle, les
deux joueurs ratant finalement l’occasion de se replacer dans le
sillage direct
de Danial Saibulatov. La plupart des autres joueurs n’ont
pas profité du demi-faux pas de la tête du tournoi puisque
pas moins de huit
parties nulles sont venues sanctionner cette troisième ronde,
pour la plupart
des nulles de combat acharné qui ont duré plus de six
heures de jeu. Il y a un phénomène criminel
particulièrement à la mode actuellement, c’est celui du
tueur en série.
L’histoire de la criminologie contient nombre de biographies de tueurs
qui
alignent leurs victimes comme une route nationale brabançonne
les platanes,
même qu’à force ça en devient ennuyeux. Plus rares
sont les tueuses en série. Dans l’Open, neuf joueurs ont encore
le maximum. Comme disait mon grand-père pygmée, un
redoutable réducteur de
têtes, ça fait huit de trop. L’invité surprise de
ce groupe à 3/3 est le
Louvaniste Kevin Demiddele qui, sans tenir compte de l’ordre social
longuement
établi en toute équité et indépendance par
l’association des Grozélos, a commis
le crime de lèse-majesté sur la personne d’Alain Minnebo.
Parmi les résultats
du jour, soulignons aussi la performance du Namurois Benoît
Beelaert qui a
annulé face au redoutable joueur carolo Claudio Piacentini. La
performance ne
tient pas seulement au niveau de force théorique entre les deux
joueurs (Benoît
rendait plus de deux cents point à son adversaire du jour) mais
aussi parce que
le joueur de Namur est un malvoyant, ce qui ajoute une
difficulté de plus par
rapport aux autres joueurs. Ouf ! Ce soir, c’est blitz
(dit-il comme s’il allait "aller
à messe").
Noir
Abruzze (criminologue blitzé) |






